Le Labo de l’ESS est un think tank qui construit, par un travail collaboratif, des axes structurants de l’économie sociale et solidaire, à partir d’initiatives concrètes, innovantes et inspirantes issues des territoires.

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Les (futurs) acteurs de l’ESS peuvent se faire accompagner partout en France

Impression ForumPublié le 18 janvier 2018 

Se rendre compte d’un besoin social rencontré dans son quartier, dans sa commune ou dans sa région, avoir une idée de projet qui puisse y répondre de façon innovante et l’envie de construire cette solution : voilà comment débute bon nombre de projets sociaux et solidaires. Et ensuite ? Partout en France existent des structures d’accompagnement qui aiguillent, conseillent, donnent accès à des informations et des méthodes, mettent en relation avec des partenaires, forment, etc. Centres de ressources, programmes, incubateurs, plateformes d’innovations sociales, pépinières : de quoi s’agit-il et comment ces acteurs peuvent-ils intervenir pour aider à faire émerger ou à consolider un modèle ? Le Labo de l’ESS ESS Qu’est-ce que l’Économie sociale et solidaire (ESS) ?
Définition et présentation de cette économie différente, socialement utile, coopérative et ancrée localement
vous propose un tour d’horizon de l’accompagnement des projets ESS à l’échelle territoriale.

Accompagner : une expertise en appui ponctuel ou en programme intégré

Les structures spécialisées dans l’accompagnement de projets sociaux et solidaires peuvent intervenir de diverses façons : conseils ou appuis ponctuels sollicités par les porteurs de projets sur une problématique spécifique, mais aussi intégration dans des programmes d’accompagnement qui comprennent de la formation, des ateliers collectifs, des conseils personnalisés, de la mise en réseau, l’accès à des ressources publiées… La plateforme HubESS recense 200 structures spécialisées dans l’accompagnement des acteurs de l’ESS ESS Qu’est-ce que l’Économie sociale et solidaire (ESS) ?
Définition et présentation de cette économie différente, socialement utile, coopérative et ancrée localement
et permet, grâce à un auto-diagnostic, de repérer les solutions d’accompagnement les plus pertinentes en fonction de la situation du projet. Le portail des centres de ressources associatives du Ministère cartographie plus de 1 000 structures d’information dont une partie importante ne s’adresse pas qu’aux associations mais aussi aux autres structures de l’ESS pour leur fournir des éléments sur les aspects juridiques, fiscaux, liés aux ressources humaines, etc.

Pour les programmes d’accompagnement plus conséquents, l’intégration se fait le plus souvent par appel à projets et peut avoir une thématique sectorielle (écologie, numérique, etc.) Ces programmes permettent aux porteurs de projets d’avoir accès à une expertise dans la conception, la gestion et le développement de projets mais aussi de rencontrer des partenaires via la mise en réseau, d’être hébergés physiquement dans certain cas, de suivre des formations intensives, etc. Ces programmes sont coordonnés par des structures diverses : agences locales pour l’ESS (tel que le programme Katapult de l’ADRESS en Normandie), Chambres régionales de l’ESS (CRESS CRESS Chambres Régionales de l’Economie Sociale et Solidaire ) (le programme Starter de la CRESS Provence-Alpes-Côtes-d’Azur par exemple), écoles (programmes Shake-up et Start-up d’Antropia ESSEC), pôles de développement de l’ESS constitués en PTCE PTCE Pôles territoriaux de coopération économique. (pépinière de Réalis en Occitanie, les EcoNautes dans la région de Rennes, etc.)

Rompus à l’analyse des forces et des faiblesses d’un modèle, les professionnels accompagnant les porteurs de projets dans ces programmes ont un apport essentiel grâce à un regard extérieur et une connaissance approfondie de modèles comparables existants. Ils peuvent ainsi aider à concevoir les aspects stratégiques (caractérisation de l’innovation sociale, étude de marché et offre de services…), la structuration de la gouvernance Gouvernance Définition et le statut juridique, la modélisation économique et la recherche de financements, la stratégie de communication, la construction de la méthode d’évaluation. Ils permettent aux porteurs de projets de s’approprier des méthodes d’analyse et de construction de projet utilisés dans la création d’entreprise et de les adapter à leurs spécificités (secteur d’activité, lieux d’implantation, publics concernés, etc.) : par exemple, le « business model canvas » a été adapté aux enjeux sociaux et solidaires à travers le « social business canvas ». Les dispositifs d’accompagnement peuvent traiter l’ensemble des enjeux rencontrés par le porteur de projet ou avec une spécialisation sur certaines problématiques : ainsi, par exemple, le réseau des associations de France Active accompagne notamment dans les aspects financiers (identification des risques financiers, conception du plan de financement, médiation auprès des banques et des financeurs, etc.)

Des dispositifs adaptés à chaque étape depuis l’idée jusqu’aux premiers développements du projet

L’accompagnement de l’émergence de projet peut se faire de deux manières : d’une part l’accompagnement des personnes qui souhaitent créer un projet ; d’autre part la structuration de projets à partir de besoins identifiés dans un territoire, grâce à des « générateurs d’idées » ou « plateformes d’innovation sociale ». L’ancrage territorial et la connaissance des particularités locales sont donc appréhendés de deux façons différentes mais sont essentiels dans les deux cas pour que le projet ne soit pas construit « hors sol ».

Dans le premier cas, l’idée est portée initialement par une personne ou un collectif de personnes qui ont besoin de ressources et de méthodologies pour ajuster au mieux l’idée première aux besoins réels du territoire. Dans le second cas, que l’Avise appelle « processus inversé de création d’entreprises sociales », la démarche est dès le départ collective et participative en intégrant les collectivités, les acteurs de l’ESS présents localement, les entreprises, etc. Elle part des besoins territoriaux, modélise de façon collégiale une solution et repère la structure la plus à même de le mener dans ce territoire. C’est sur ce modèle que repose par exemple la Fabrique à initiatives, qui s’appuie pour chaque territoire sur une structure locale.

Dans le cas de l’accompagnement aux porteurs de projets, les dispositifs sont nombreux et répondent aux besoins qui peuvent être rencontrés dans les diverses phases de l’élaboration et du lancement du projet. Souvent confondus, les incubateurs, couveuses et pépinières correspondent en réalité à trois phases de projets distinctes, qui mène le porteur de projet à devenir créateur d’entreprise. L’incubation est la première : elle est l’étape qui consiste à passer du projet à la création de l’entreprise, étape clé qui nécessite une expertise en montage de projets qui peut être fournie dans le cadre d’un programme intensif d’incubation. Les couveuses et les coopératives d’activité et d’emploi (CAE CAE Coopérative d’activités et d’emploi ) accompagnent la seconde phase où l’activité est réellement testée mais où certains aspects juridiques sont allégés : ainsi, par exemple, dans les CAE, les entrepreneurs peuvent mutualiser les fonctions supports administratives mais aussi des locaux et créer une dynamique collective avec d’autres entrepreneurs-salariés. Enfin, les pépinières correspondent aux besoins des structures dans le cadre de leurs premiers développements : la mutualisation de moyens et de locaux, la mise en réseau et le suivi se poursuivent mais les entreprises prennent leur indépendance juridique.

Et ensuite ? Continuer à accompagner dans la consolidation et le changement d’échelle

La consolidation du modèle passe souvent, au-delà du développement de l’activité, par une connaissance accrue du territoire et de ses acteurs. Plusieurs accompagnements sont envisageables à ce stade : ceux qui permettent une mise en réseau (programmes, adhésion à des réseaux sectoriels et à des fédérations par exemple) mais aussi ceux qui accompagnent à l’ancrage territorial à travers la mise en relation partenariale et l’ancrage du projet dans un écosystème d’acteurs sociaux et solidaires, publics et privés.

Après une période d’expérimentation de l’activité, il existe également des dispositifs permettant d’évaluer l’action menée, de mettre à plat les données existantes et de développer l’activité en fonction des premiers retours. Parmi ceux-ci, le Dispositif local d’accompagnement (DLA) accompagne les associations employeuses petites et moyennes, les structures de l’insertion par l’activité économique (SIAE) et les coopératives qui sont dans une démarche de consolidation et de développement. Le DLA propose un diagnostic et un accompagnement pour renforcer leur modèle économique afin de créer ou consolider des emplois. Créé en 2002, le dispositif a déjà accompagné 54 000 structures partout en France : selon l’étude menée en 2017, 73% d’entre elles estiment que le DLA a eu des effets décisifs et durables, en termes d’emplois, de projection stratégique, de santé économique de la structure ou de développement de partenariats.

Le DLA peut aussi mener au changement d’échelle : on entend par cette expression un développement à l’issue des phases d’expérimentation et de stabilisation, qui peut prendre la forme d’une augmentation de la taille de la structure et de son secteur d’intervention, mais aussi une duplication par essaimage, la mise en place d’un réseau de structures comparables ou encore la structuration de la coopération avec d’autres acteurs, qui peut mener à la constitution d’un PTCE par exemple.
De façon comparable à la phase d’émergence du projet, il existe des programmes de soutien au changement d’échelle ou à l’ « accélération » : on peut citer le dispositif de la fondation Fondation Définition La France s’engage , le programme Scale-up de l’ESSEC, le programme d’accompagnement stratégique de l’ADASI … Le premier a fait l’objet d’une récente étude de l’Institut de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP) qui permet de comprendre l’importance des réseaux et collectifs dans lesquels s’insèrent les lauréats du dispositif pour construire leurs projets innovants. Les auteurs pointent du doigt que les acteurs peu insérés ont une plus forte difficulté à faire valoir leurs projets : « Une attention particulière doit ainsi être portée aux projets innovants dont les porteurs ne bénéficient pas de dispositions sociales favorables ou ne sont pas inscrits dans des réseaux leur permettant d’être aidés par les soutiens à l’innovation sociale, afin qu’ils puissent être mieux repérés et accompagnés pour transformer leurs idées en innovations sociales. » Les acteurs sociaux et solidaires ont donc tout intérêt à s’emparer des dispositifs mis en place par les structures d’accompagnement afin d’accéder aux compétences spécifiques qui leur manquent et faire reconnaître leurs projets innovants !

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Aller plus loin :


A qui s’adresser ? Liste non-exhaustive de portails agrégeant des structures d’accompagnement partout en France :

Photos : Adobe Stock

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