Le Labo de l’ESS est un think tank qui construit, par un travail collaboratif, des axes structurants de l’économie sociale et solidaire, à partir d’initiatives concrètes, innovantes et inspirantes issues des territoires.

Accueil > L’ESS au quotidien > L’actu de l’ESS > [Sport & ESS] Appel à organiser des olympiades conviviales

[Sport & ESS] Appel à organiser des olympiades conviviales

Impression ForumPublié le 1er juillet 2019 

Tout un ensemble d’associations et de réseaux sportifs ou associatifs se sont unis pour faire naître, localement, à partir des territoires, des rencontres sportives (au sens très large du terme) entre toutes celles et ceux qui sont engagés, d’une manière ou d’une autre, dans la défense d‘une forme ou une autre de bien commun. Souvent, ils ne se connaissent pas et on ne sait pas ce qu’ils font même là où ils vivent et agissent. L’organisation de rencontres conviviales sera l’occasion de se connaître et de se faire connaître. Et de montrer que femmes et hommes de bonne volonté, soucieux de sauvegarder l’environnement, les valeurs de la démocratie, de l’entraide et de la coopération, sont infiniment plus nombreux qu’on ne le pense. L’avenir dépend d’eux. A vous de jouer et de commencer à organiser des rencontres conviviales, et de courir, de jouer, de rivaliser pour la défense du climat, de la démocratie et de la solidarité.

Déclaration d’intention

Avec la Coupe du monde de football, les Jeux Olympiques sont l’événement le plus regardé au monde. Il est celui qui nous fait le plus prendre conscience de notre commune humanité. Tout en attestant de la force du désir de se surpasser et d’exceller, il est aussi une école de modestie, puisqu’il montre à l’évidence qu’il n’est possible d’exceller que dans un domaine ou une spécialité particulière. Aussi grand champion ou championne soit-on, on devra rendre les armes face aux dizaines de milliers de concurrents infiniment meilleurs que soi dans toutes les disciplines autres que la sienne.

Jusqu’à un certain point les Jeux Olympiques peuvent donc être considérés comme la mise en œuvre la plus aboutie et visible à ce jour d’une philosophie du vire-ensemble, une philosophie de la convivance, une philosophie convivialiste. Celle-ci défend quatre principes de base sur lesquels il est possible de s’accorder par-delà la diversité des appartenances religieuses ou des croyances et affiliations politiques, qu’on se réclame du bouddhisme, de l’islam ou du christianisme, etc., ou du socialisme, du libéralisme, de l’anarchisme ou du communisme, etc. Ces quatre principes sont les suivants :

- Principe de commune humanité (ou de non discrimination). N’est-ce pas la victoire de Jesse Owens aux Jeux de Berlin en 1937 qui a révélé son évidence au monde entier (à la fureur de Hitler) ?

- Principe de commune socialité. C’est à l’occasion des Jeux Olympiques que chacun se sent fier et heureux d’appartenir au même pays que les vainqueurs ; Triste au contraire des défaillances des compatriotes vaincus. Et les compétiteurs, eux, découvrent la joie de vivre les mêmes émotions que leurs rivaux d’autres pays ou que les représentants des autres sports au sein de leur délégation nationale.

- Principe de légitime individuation. Par hypothèse, dans le sport olympique le but est de gagner, d’être meilleur que les autres si possible, d’affirmer, donc, sa singularité. Ce qui serait pénible ou déplaisant ailleurs, dans d’autres domaines, est ici non seulement permis mais encouragé et recommandé.

- Principe de maîtrise de l’hubris. Mais ce n’est permis et encouragé que dans l’exacte mesure où le désir de vaincre ne bascule pas dans ce que les Grecs anciens (inventeurs de l’olympisme), appelaient l’hubris, i.e. le désir de toute puissance, la démesure, l’aspiration à s’égaler aux dieux et à échapper à l’humaine condition. On l’a dit : les Jeux Olympiques rappellent chacun et chacune à la raison.

Mais ces Jeux sont à leur tour menacés et atteints par l’hubris. Par le chauvinisme. Par le désir de gagner à tout prix en recourant systématiquement au dopage, soit à titre individuel, soit collectivement, au nom de la patrie (ou parce que celle-ci l’organise en grand). Par les sommes colossales dépensées par les pays hôtes, ou par la débauche des moyens audiovisuels et médiatiques mis en œuvre.

Le problème principal, cependant, n’est sans doute pas là. Il est dans le rôle que jouent aujourd’hui les Jeux Olympiques. Ou plutôt qu’ils ne jouent pas, ou pas assez. À leur origine, en Grèce, ils avaient pour fonction, en suspendant les guerres en cours, de créer de l’amitié, de la paix et de la concorde à travers la rivalité. Or cette fonction devient plus vitale que jamais. L’humanité est en effet ravagée aujourd’hui par une guerre économique à mort entre les nations et par l’explosion des haines interreligieuses. Et, surtout, surtout, il ne lui reste que très peu d’années pour mettre fin à une trajectoire qui la mène tout droit à des catastrophes climatiques et écologiques irréversibles. La jeunesse du monde en devient maintenant pleinement consciente.

Il est donc nécessaire et urgent de retrouver l’esprit initial des Jeux Olympiques en l’actualisant pour le mettre au service du Bien commun de l’humanité. Comment ? En ouvrant ces Jeux et en les réservant à celles et ceux qui sont engagés dans des activités ou des associations clairement mobilisées dans la défense du bien commun, qu’il s’agisse d’associations de défense de l’environnement, d’aide aux plus démunis ou aux personnes en situation de handicap, de promotion de la culture, etc. Les Olympiades conviviales seront ainsi l’occasion de montrer de manière spectaculaire que l’humanité est consciente de l’ampleur des défis qu’il lui faut affronter le plus vite et le plus efficacement possible ; de renforcer cette prise de conscience ; de créer des liens d’amitié et de solidarité entre tous les bénévoles et volontaires de la Terre.

Comment, concrètement ?

Les Olympiades conviviales ne peuvent pas être organisées d’en-haut, par une grande structure. Ce serait contraire à leur esprit et, de toute façon, leurs initiateurs sont loin d’avoir les moyens pour cela. Elles ne peuvent donc démarrer que localement. Par exemple, à l’échelle d’une commune, d’un canton, d’une communauté de communes, d’un pays, les membres d’une association Association Une association est le regroupement d’au moins deux personnes, mettant leurs activités ou leurs connaissances en commun, par un contrat d’association (contrat de droit privé). L’objectif de cette convention doit avoir un but autre que le partage de bénéfices entre les parties, d’où l’appellation d’"association à but non lucratif". dédiée personnes en situation de handicap ou ayant des besoins particuliers, en connaissent d’autres qui militent contre le réchauffement climatique, d’autres qui animent la vie culturelle, d’autres qui s’occupent de jeunes en difficulté, d’autres encore qui tentent de faire vivre une démocratie participative Démocratie participative Définition , etc. Elles se contactent les unes les autres pour convenir d’une ou plusieurs disciplines dans lesquelles elles aimeraient s’affronter amicalement, foot, pétanque, course à pied, vélo, ping-pong, tennis, natation, mais aussi, pourquoi pas ?, poésie, théâtre, musique, scrabble, échecs, etc.

Une fois qu’ils se sont mis d’accord il leur suffit de le faire savoir au réseau organisateur des Olympiades conviviales. Celui-ci les enregistre et, dans certains cas, grâce à l’appui des fédérations sportives partenaires, les aide au pan logistique, pour trouver des terrains, donner des conseils sur le type de jeu à pratiquer, les modalités d’arbitrage, etc.

Il serait bien que ces rencontres se passent sous une forme championnat, avec plusieurs rencontres durant l’année, donc, pour consolider les liens d’amitiés.

Si dans un ou plusieurs cantons ou « pays » voisins, des épreuves de même nature sont organisées, la saison suivante ce seront les qualifiés (deux ou trois gagnants par canton ou pays) qui s’affronteront, à un niveau départemental, par exemple. Et le même processus peut se reproduire à un niveau régional, puis national et, enfin, international.

Bien évidemment, les participants seraient strictement amateurs et non dopés (juste un peu de vitamine C, et encore). Dans toutes les disciplines où cela est possible les personnes en situation de handicap et engagées dans des activités de défense du bien commun participeraient aux épreuves de qualification, soit dans des épreuves partagées, soit dans des épreuves séparées.
Si vous adhérez à ce projet et désirez vous inscrire dan son cadre, contactez l’un des organisateurs déjà mobilisé :

Réseaux organisateurs déjà mobilisés
 : Fédération Fédération Définition sportive et gymnique du travail (FSGT), Centre EPS et Société, Espace Ethique Région Île de France, Association Handidactique, les convivialistes.

Partenaires pressentis : le comité pour des jeux olympiques de la transition écologique et de la solidarité (autour d’Edgar Morin), APELS (Agence pour l’éducation par le sport), Le labo de l’ESS ESS Qu’est-ce que l’Économie sociale et solidaire (ESS) ?
Définition et présentation de cette économie différente, socialement utile, coopérative et ancrée localement
, RNMA (Réseau national des maisons des associations), Le mouvement associatif, les observatoires de la vie associative, la région Île de France, la région Aquitaine, etc.

Postez un commentaire

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Nous suivre