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Échanges solidaires. Les circuits courts, leurs dérivés collaboratifs et leurs dérives - L’Humanité

Impression ForumPublié le 9 mai 2017 

Le développement fulgurant de la vente directe entre producteurs et consommateurs permet aux uns de vivre de leur travail et aux seconds de manger durable. Mais le succès attise l’appétit des start-up, qui mutilent les principes du départ.

Cet article a été publié le 2 mai 2017, par Paule Masson, pour l’Humanité.

C’est une révolution silencieuse, née dans les années 1960 au Japon après une catastrophe industrielle qui déclencha une contamination de la mer par le mercure. Inquiètes des risques d’empoisonnement, des mères de famille eurent l’idée de fonder un dispositif de partenariat agricole entre producteurs et consommateurs : le « teikei ». En échange de l’achat par souscription de la production, les paysans s’engageaient à travailler sans chimie. Ce système d’entraide servit de modèle dans les années 1970 à la fondation Fondation Définition de l’association Association Définition Circuits courts Circuits Courts Définition du concept de circuits courts , matrice au mouvement actuel des circuits courts, puis aux associations pour le maintien de l’agriculture paysanne (Amap AMAP Association pour le maintien d’une agriculture paysanne ) dans les années 2000. Dès le départ, ces filières sans intermédiaires ont intégré dans leur fonctionnement la solidarité, le respect de l’environnement, la défense des petits producteurs et le développement des territoires. Depuis, l’idée a partout essaimé. Il existe aujourd’hui plus de 2 000 Amap, qui ont grandi en sachant préserver les valeurs de l’économie sociale et solidaire (ESS ESS Qu’est-ce que l’Économie sociale et solidaire (ESS) ?
Définition et présentation de cette économie différente, socialement utile, coopérative et ancrée localement
).

Une forme d’ubérisation de la vente directe

L’attractivité de ce nouveau modèle, d’abord réservé aux cercles militants, a retenu l’attention de consommateurs confrontés à un faisceau d’inquiétudes sur leur alimentation : scandales sanitaires à répétition, crise du modèle agro-industriel, pratiques opaques de la grande distribution… Ces dernières années, les initiatives de ventes directes se sont multipliées. Mais les pouvoirs publics ne semblent pas pressés d’en mesurer l’impact. Les derniers chiffres de l’Agreste, organisme de statistique du ministère de l’Agriculture, datent du recensement agricole de 2010 ! Ils font pourtant état d’un réel phénomène puisqu’un producteur sur cinq déclarait déjà vendre en circuits courts il y a sept ans. La plupart d’entre eux travaillent dans de petites exploitations et pratiquent une agriculture biologique. En 2016, le bureau d’étude de diagnostic territorial D-Sidd recensait 8 000 circuits courts en France, toutes formes confondues. Car les marchés fermiers, vente directe et autres magasins de producteurs ne sont pas, loin de là, l’apanage des campagnes. Ils alimentent les villes et contribuent à impulser un renouveau agricole dans les zones périurbaines.

Même s’il reste encore confidentiel dans le volume total des achats (7 % en 2010 selon l’Agreste), le développement exponentiel des circuits courts suscite des appétits, des grandes surfaces notamment (drives fermiers, sites Internet), qui n’entendent pas se laisser contourner sans réagir. L’expérience militante du début a peu à peu laissé place à une diversification des concepts de commercialisation. Le modèle le plus connu est celui de La Ruche qui dit oui. Ce type d’entrepreneuriat social Entrepreneuriat social Définition sème le doute quant à une forme d’ubérisation de la vente directe. D’autant plus que le foisonnement des sites Internet créés sur ce créneau devient une jungle dans laquelle il est difficile de repérer la plateforme purement commerciale de l’association engagée dans une reprise en main citoyenne des circuits de la production et la distribution.

La diversification des modèles a aussi contribué à brouiller le cadre des initiatives qui relèvent, ou non, de l’ESS. Au point que ses principaux acteurs se sont mobilisés pour formaliser une charte des circuits courts économiques et solidaires. Alors que le ministère de l’Agriculture a défini le concept en 2009 comme un mode de commercialisation de produits agricoles qui s’exerce soit par un échange direct entre producteurs et consommateurs, soit avec un seul intermédiaire, le Labo de l’ESS a adopté une définition beaucoup moins restrictive. Celle-ci dépasse le simple échange commerçant et promeut « la valorisation du lien social, la coopération, la transparence et l’équité entre les acteurs de l’échange ».

L’intégralité de l’article sur l’Humanité.

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