Le Labo de l’ESS est un think tank qui construit, par un travail collaboratif, des axes structurants de l’économie sociale et solidaire, à partir d’initiatives concrètes, innovantes et inspirantes issues des territoires.

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Le Labo s’invite dans le Grand débat national

 

Au Labo, nous croyons que l’économie sociale et solidaire peut répondre à la crise politique actuelle en apportant des solutions basées sur la démocratie, la coopération, l’ancrage territorial et le respect de l’Homme comme celui de l’environnement. Le gouvernement a lancé il y a quelques semaines le Grand Débat National en demandant aux françaises et français de s’exprimer sur quatre grands thèmes. Deux de ces thématiques, la transition écologique et la démocratie sont au coeur des travaux du Labo, c’est pourquoi nous présentons ici une sélection des propositions concrètes issues des travaux que nous porterons pour le Grand Débat National.

  • Transition écologique : dans quel monde pouvons-nous survivre et voulons-nous vivre ?

Voilà plus de trente ans que nous parlons de la transition énergétique, volet essentiel de la transition écologique. Pour répondre aux enjeux de cette transition, il faut passer du modèle actuel à un nouveau modèle s’appuyant sur trois piliers :

  • Une réduction drastique de la consommation d’énergie
  • Une amélioration de l’efficacité énergétique
  • Un mix énergétique basé sur des ressources renouvelables et durables

Après un premier travail du Labo de l’ESS ESS Qu’est-ce que l’Économie sociale et solidaire (ESS) ?
Définition et présentation de cette économie différente, socialement utile, coopérative et ancrée localement
sur l’efficacité énergétique (amélioration/optimisation de nos consommations) qui a donné lieu à l’édition d’un rapport en 2015 sur le sujet, le Labo a publié fin 2018 un nouveau rapport sur la sobriété énergétique (réduction de notre consommation). Aujourd’hui, le Labo élargit ses travaux sur le sujet au-delà du spectre des consommations énergétiques pour qu’émerge une réelle réflexion sociétale sur le sujet de la « Transition Énergétique Citoyenne ».

Voici plusieurs propositions qui découlent de nos travaux pour enclencher une transition écologique et citoyenne à grande échelle :

Sur l’efficacité énergétique :

1. Inscrire la dimension citoyenne de la transition énergétique comme l’une des priorités des politiques publiques climat-énergie, au niveau national et territorial.

2. Adopter un pack de dispositions règlementaires, tarifaires et fiscales favorisant l’émergence et le développement des initiatives citoyennes de transition énergétique.

3. Développer des outils financiers, dotés par les investisseurs institutionnels et ceux de l’ESS, pour permettre un changement d’échelle des projets citoyens de sobriété énergétique ou d’EnR.

4. Mobiliser les réseaux et entreprises de l’ESS pour qu’ils deviennent moteurs de la transition énergétique.

Sur la sobriété énergétique :

5. Favoriser le développement d’initiatives de partage, d’échanges et de valorisation des comportements sobres.

6. Généraliser l’éducation à la transition énergétique dans les écoles, les collèges, les lycées et les établissements d’éducation supérieure, sur la base de l’expérience des Eco-Ecoles et des Eco-campus.

7. Généraliser l’agriculture biologique et l’agro-écologie, tout en favorisant les circuits-courts sur le territoire national et dans la restauration collective.

8. Mettre en place une politique globale d’aménagement du territoire qui favorise les modes de déplacements doux et la relocalisation (domicile, travail, activités culturelles et sportives…) tout en favorisant davantage le télétravail et/ou les visioconférences pour éviter des déplacements.

9. Favoriser d’une part la commercialisation de voitures individuelles low-tech de très basse consommation et améliorer d’autre part l’attractivité des transports collectifs urbains (baisse des prix, qualité de service, maillage territorial…).

10. Limiter les transports aériens aux destinations où la solution ferroviaire n’est pas envisageable.

11. Reprendre la réflexion relative à la tarification progressive de l’énergie, sur la base des applications réussies à l’étranger et améliorer les propositions précédentes en France.

12. Étudier et expérimenter un système de quota-carbone individualisé en France.

Pour aller plus loin

  • Démocratie et citoyenneté : comment voulons-nous agir ensemble ?

Il nous faut changer de logiciel. L’Économie Sociale et Solidaire (ESS) sans rivage construit l’économie de demain. Elle nous fera sortir par le haut de cette période de transition pleine de doutes quant à notre avenir. Le Labo de l’ESS en a la conviction. Nous ne dépasserons pas l’actuelle crise de la démocratie politique sans démocratiser aussi l’économie. Par ses valeurs et ses pratiques, l’ESS redonne de l’utilité sociale aux activités économiques et le pouvoir à chacun de co-construire les solutions. Nos territoires sont les laboratoires innovants de la société de demain. Nous devons nous en inspirer et généraliser ce qui fait ses preuves.

C’est ce à quoi s’emploie le Labo de l’ESS, diffuseur des utopies les plus réalistes. Nous voulons appuyer tous ceux qui entendent résister, expérimenter, voir loin, évaluer. Il faut maintenant convaincre que toutes ces magnifiques initiatives et expériences peuvent faire (eco)système et apporter des solutions à fort impact. Faisons sauter le plafond de verre qui bloque les flux entre expérimentateurs “d’en bas” et décideurs “d’en haut”. Nous voulons contribuer à un nouveau récit de la transformation sociale, mobilisateur, généreux, empirique, reposant sur une confiance retrouvée entre citoyens et leurs dirigeants. Nous défendons une économie sociale ouverte, qui construise des ponts plus que des murs et cherche à polliniser le reste de l’économie.

Voici quelques-unes des propositions concrètes pour réinventer la démocratie et la participation citoyenne au sein des territoires et de la gouvernance Gouvernance Définition des organisations économiques.

1. Réinventer la démocratie et la participation citoyenne par la présence de coopérations et de forces vives dans les territoires selon le modèle des PTCE PTCE Pôles territoriaux de coopération économique. .

Reconnus à travers l’article 9 relatif à la loi ESS du 31 juillet 2014, les Pôles Territoriaux de Coopération Economiques (PTCE) regroupent sur un territoire défini des acteurs de l’ESS qui s’associent à des entreprises, des collectivités, des universités etc. et mettent en œuvre des stratégies de coopération et de mutualisation pour répondre à une problématique commune.

Nous savons que la coopération ne se décrète pas : elle se construit. Les PTCE incarnent l’espérance de cette « autre économie » territoriale et de proximité. Fortement ancrés dans une dynamique territoriale et au plus près des citoyens, les PTCE sont un bon exemple de coopération et de démocratie. Développons ces pôles de coopération au niveau local pour plus de démocratie et d’implication citoyenne. Voici quelques une de nos propositions pour développer les PTCE :

a. Utiliser la charte des PTCE comme outil national de reconnaissance : Multiplier et qualifier les PTCE sur les territoires en faisant valider par le Conseil Supérieur de l’ESS et par une charte des PTCE, en engageant l’État et en incitant les régions à ouvrir annuellement un appel à projets pour les PTCE répondant à cette charte.

b. Renforcer le soutien et l’accompagnement des PTCE par les régions : développer des moyens régionaux pérennes, engager les Régions à mieux mesurer les impacts locaux des PTCE et à confronter les différents pôles de coopération régionaux.

c. Instituer un comité interministériel sur les PTCE : donner des moyens aux PTCE en développant un comité interministériel visant à accompagner les phases d’émergence et de développement des pôles de coopération.

d. Labelliser les circuits-courts économiques et solidaires : instaurer un label « Circuits-courts économiques et solidaires » à partir de quatre critères – équité, transparence, lien social et coopération – afin que le grand public puisse mieux identifier ceux qui se réfèrent à l’ESS.

2. Renforcer la démocratie et la participation au sein des organisations économiques en prenant exemple sur des bonnes pratiques déjà expérimentées et issues des structures de l’ESS

En 2017, le Labo de l’ESS, via son Club des entreprises, a travaillé sur la gouvernance interne des entreprises de l’ESS et notamment sa dimension démocratique et participative. Les entreprises membres du Club ont ainsi pu débattre des enjeux de la participation des différentes parties prenantes et mettre en avant certaines de leurs bonnes pratiques. Voici quelques-unes des propositions issues de ces travaux :

a. Ouvrir les décisions structurantes des entreprises à toutes les parties prenantes en introduisant diverses méthodes issues de l’éducation populaire : tirage au sort des représentants pour travaux, world café, élections sans candidats, décisions par consentement, etc.

b. Expérimenter l’utilisation de civic tech au sein des entreprises et organisations économiques pour introduire plus de transparence et d’inclusion dans les processus décisionnels. Permettre ainsi l’expression d’une plus grande diversité des points de vues.

c. Décentraliser les pouvoirs économiques via un fort ancrage local des entreprises.

Pour aller plus loin :

Cette contribution fait partie d’une initiative commune à plusieurs think thanks. À l’invitation de la Fonda, des think tanks d’intérêt général se réunissent pour contribuer au grand débat, en partageant leurs analyses des transformations de la société et leurs observations des innovations sociales et démocratiques. Retrouvez toutes les contributions ici

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